« Mc Luhan ne répond plus: Communiquer c’est cohabiter » de Dominique Wolton

Entretien fourre-tout autour d’une thèse principale et assez simple en soi : Communiquer, c’est cohabiter – où l’incommunication et la négociation comme horizon de la communication.

Ainsi, tout au long de ce trilogue à la gloire du fondateur de la revue Hermès (CNRS), se pose la question de l’altérité.

Wolton adopte une posture radicalement relativiste, mettant toutes les cultures sur un pied d’égalité : « On ne peut plus imposer aux autres sa culture. On est obligé de se respecter et de cohabiter, c’est-à-dire de gérer ces deux dimensions contradictoires de l’identité et de la communication. »

Un plaidoyer éthéré pour l’égalitarisme culturel – Stanley Fish parlerait à cet effet de « Multiculturalisme de boutique ». Dans cette vision « chargée », omniprésente, on perçoit les structures préconceptuelles de la compréhension, dont parlait Gadamer.

Une « Embeddedness » encore palpable lorsque Wolton évoque le rapprochement franco-allemand et la construction européenne comme contre-exemples de la théorie déterministe de Samuel Huntington, certes sommaire en soi, mais manquant en cela le véritable sens de cette « frustration de la prospérité » ressentie par les trois quarts de la planète.

Aussi, passant tout et n’importe quoi à travers le prisme de la Communication, Wolton se montre assez perplexe face à l’émergence du Web qu’il critique et souhaite réguler puisque « Internet a été l’un des acteurs de ce monde fou de la vitesse et de la spéculation. »

« Pourquoi identifier la liberté au fait d’être multibranché ? Pourquoi identifier cette attirance pour le Net, qui veut dire filet ; c’est-à-dire l’inverse de la liberté ?… » Un cyberscepticisme qui démontre le gouffre entre la vision d’un Wolton et la description enjouée de la « Net Generation » fournie par Don Tapscott.

Au bout de ce conciliabule tapissé de phrases grandiloquentes (« Nous sommes devenus des géants en matière d’information mais des nains en matière d’action. ») subsiste un chapelet de bonnes intentions…

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