« Isaïe réjouis-toi » de Gabriel Matzneff

Roman introspectif d’une abdication amoureuse, d’une cruelle imposture autour d’un triangle, jamais équilatéral.

Nil Kolytcheff, écrivain et avatar Matznevien par excellence, pour qui l’expression « fonder un foyer » semblait jadis bouffone – « la respectabilité épicière dans toute son horreur » – cette débâcle du couple, il l’augurait par essence.

Solitaire et adepte de l’intersubjectivité affranchie, Nil se résout pourtant à marier Véronique ; à s’acoquiner d’une coquille qu’il estima toujours vide de sens : « Devenir un, d’accord, mais en n’oubliant pas que, par-delà tout ce baratin sublime, nous restons deux. »

Anthony, garçon de 16 ans, entre dans leur vie. Le triangle du désir s’installe. Un Tadzio qu’il faudrait partager. Survient la certitude du pire.

Être mis en parenthèse, au frigo, le temps d’une aventure. S’acquitter de son rôle de Pygmalion en subissant la trahison de l’être aimé, (conjugué au passé) – « Véro ses mensonges minuscules ».

Un récit enluminé de part en part du rite Orthodoxe ; cette éternelle béquille métaphysique, cultuelle et culturelle, structurant l’épopée Matznevienne.

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