« Tony Duvert : L’enfant silencieux » de Gilles Sebhan

Biographie poétique de Tony Duvert ; écrivain sulfureux, émancipateur libidineux et pourfendeur du carcan consanguin – mort dans l’anonymat.

Sebhan compare Duvert à Harpokratès, divinité grecque, qui sous les traits d’un jeune garçon porte le doigt à sa bouche comme un être en méditation (P. 134).

Duvert, dont la césure avec l’enfance constitue le véritable péché originel ; vieillard nostalgique à 17 ans, pour qui « être homme c’est déchoir (P. 19) » et dont l’œuvre se veut tantôt martyrologue, tantôt sublimation d’un paradis perdu – un état d’avant la chute.

L’écrivain s’y présente comme un « enfant voleur, [un] chapardeur de phrases (P. 20). » Une ontogenèse axée sur l’enfance, dans laquelle Duvert n’a pas hésité à adopter, parfois, un style sans aucune ponctuation.

Ayant succombé à la contre-attaque conservatrice et néo-paulinienne du début des années 80, avec l’affaire du Coral – chasse aux sorcières à laquelle succomba également, dans une moindre mesure, Gabriel Matzneff – autre archange au pieds fourchus – Duvert y perçut avant tout la criminalisation de son désir, la négation de son existence.

Tel Nietzsche ou Rimbaud, après l’éclat vinrent les décennies de pénitence – condition légumière ou exil – voire les deux – Duvert en prit pour 20 ans.

Mais cette évaporation, cette fin constitutive « eu lieu bien avant tout cela, c’est-à-dire dans ses livres » indique Sebhan (P. 134). Silencieux, exilé, il restera enfermé dans un Harrar intérieur.

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