« Qu’est-ce qu’une nation » d’Ernest Renan

Daté de 1882, le propos de Renan dispose de sonorités profondément avant-gardistes ; à l’opposé d’un Treitschke, d’un Herder ou d’un De Wever, par delà frontières et « Gemeinschaft » ethniques, les nations puisent ici leur principe dans une « volonté commune ».

Un plaidoyer solide défendant d’une part l’option référendaire, avantageuse en cas de crise : « sur des doutes qui s’élèvent sur ses frontières, consultez les populations disputées » (p. 34) – et s’attaquant d’autre part à la notion de « race ». Renan note ainsi « qu’il n’y a pas de race pure et que (…) les plus nobles pays, l’Angleterre, la France, l’Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé. » (p. 21). Contre les dérives ethnographiques, il rappelle qu’en tant qu’historien, la race est « quelque chose qui se fait et se défait. » (p. 22).

Éphémères, les nations préfigurent – déjà – pour Renan la « confédération européenne » à venir – qui souligne toutefois et à juste titre qu’un « Zollverein n’est pas une patrie. » (p. 28).

Se dessine la vision d’une nation comme intertextualité médiatée avec la combinaison paradoxale du « nécessaire oubli des pages noires de l’histoire » (p. 39) avec la mémoire d’un passé commun. La nation perçue comme « agir ensemble ».

À (re-)mettre entre toutes les mains en ces temps de repli centripète des masses vers leur plus petit commun dénominateur.

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