« La Mutilation sacrificielle et l’oreille coupée de Vincent Van Gogh » de Georges Bataille

D’un Jésus se sacrifiant intégralement aux frénésies héliocentriques ponctuées de tournesols dans le cas de Van Gogh, les récits de mutilation dépeints par Bataille dévoilent des courses à l’obsession ; tantôt délires dionysiaques, tantôt vivisections théologiquement fondés – cas de propitiation aux dieux ou à soi-même.

Mué d’un souci ethnographique, Bataille aborde ainsi la « pratique aussi peu rationnellement explicable » (p. 22) de la circoncision pour contrebalancer l’absurdité des mutilations en tous genres, notant au passage que « l’arrangement d’une dent remplace la circoncision dans certaines parties de la Nouvelle-Guinée et de l’Australie. » (p. 23). La « rupture de l’homogénéité personnelle » (p. 23) ou l’idée de faire le deuil d’une part de soi symbolisent ici un sacrifice contraint ou volontaire pour entrer ou retourner dans la « communitas » des humains, des fidèles ou des adultes.

La seconde partie s’inspire du « récit d’automutilation révélatrice d’un état schizomaniaque de Gaston F. Bataille souligne là encore l’absurdité et la gratuité d’un geste, rapprochant ce dernier à celui commis par Van Gogh. Au destin de Gaston F. pourrait d’ailleurs fort bien se substituer celui de Guillaume D, défunt rejeton de vedette française, ayant jadis jouté pour l’amputation d’une de ses jambes, ressentie comme un corps étranger ; une excroissance maudite hantant son être tout entier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s