« Paysage de fantaisie » de Tony Duvert

Récit d’agonie déshumanisée sans commencement ni fin, « Paysage de fantaisie » inspire un dégoût légitime.

Dans un corpus décousu où écriture sans ponctuation colle au phrasé enfantin, Duvert opte pour la polymorphie narrative ; descriptions kaléidoscopiques de faits et d’affects, où coït et  animosité vorace, sadisme prépubère et scènes d’innocence se longent à jamais. Tableau libidineux où cadavres souillés cadencent les descriptions orgiaques de jeunes huns solipsistes. Où l’on rattrape tel pantin moribond, spectateur désabusé de sa propre vivisection,  perdant conscience, apaisé.

Enfance achetée et réifiée, objet de plaisir désincarné. Laissés à l’état de nature, les séraphins déchus et profanés côtoient ogres et vipères.

Description glaciale, tantôt au scalpel, tantôt à la machette d’un arrière-monde amoral et lubrique fait de saccades, brimades et supplices. Demeurent quelques interstices de tendresse et de beauté suave, saignés telle une bête sacrificielle.

« Paysage de fantaisie » est un jardin d’enfants, esquissé par Jérôme Bosch.

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