« L’Immoraliste » de André Gide

Récit d’un chassé-croisé vers le sud, celui d’une renaissance moniste où Michel, protagoniste transfiguré opère sa mue, laissant barbe et confort derrière lui tel une peau de serpent surannée. Apologue d’un élan vitaliste après la maladie l’ayant mené au bord du précipice.

Michel, historien exhumant jadis les héros archaïques, tourne résolument le dos aux témoins du passés : « le souvenir est une invention de malheur » (P. 172.). À la vitalité ancestrale d’Athalaric, il préfère désormais celle des jeunes maghrébins, hic et nunc.

Ainsi, une fois la vigueur retrouvée, Michel se fait chercheur de témoins du vivant. En quête de lumière, de peaux dorées – la sienne gorgée de soleil, sensation nouvelle, et celle de garçons rencontrés au gré des voyages –, il laisse derrière lui, peu à peu, les ennemis de la grande santé.

Aussi l’intromission dans le règne des vivants, s’avère corrosive et la rencontre avec Ménalque, alter-ego décrié, annonce la rupture solipsiste : « on a peur de se trouver seul ; et l’on ne se trouve pas du tout. » (P. 117.) Marceline, sa femme, subit dès lors l’empiétement d’un égo balayant toute chétivité. Jadis thaumaturge, n’ayant pu donner la vie, elle se désinscrit peu à peu du schéma nouveau.

L’immoraliste est un plaidoyer égotiste pour un enfantement de soi-même. La marche victorieuse d’une jouvence regagnée où trépassent les faibles.

Célébration somatique et longue transhumance vers l’irraison, la progression délivrant l’un se mue en déambulation suppliciaire pour l’autre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s