« Le droit à la paresse » de Paul Lafargue

Beau-fils de Marx, adepte du suicide antique et décrit par Lénine comme « l’un des propagateurs les plus doué et les plus profonds du marxisme », Paul Lafargue nous livre dans ce classique un manifeste eudémoniste bien éloigné des hystéries ouvrières traditionnellement induite par l’auteur du Capital, qui se montrait d’ailleurs fort réservé à son égard: « ce sacré Lafargue m’ennuie avec son proudhonisme et il me laissera pas tranquille avant que je ne lui aie cassé sa tête de créole ».

Lafargue harangue la classe ouvrière, masochiste et naïve, réclamant du travail à tout va. Il épingle la bourgeoisie qui « affranchit les ouvriers du joug de l’Eglise pour mieux les soumettre au joug du travail » (p. 37) et décrit avec cynisme les réformes apportées par le protestantisme, « détrônant le ciel des saints pour abolir sur terre leur fêtes » (p. 38) – saints qui auparavant garantissaient 90 jours de repos au travailleur.

Un diagnostic intemporel de prime abord; Lafargue s’insurge contre les économistes de son temps éructant leur sinistre rengaine: « travaillons, travaillons pour accroître la richesse nationale (p. 54) ». Prônant – à juste titre – la journée de 3h, il appelle de ses vœux une société du spectacle, distrayant l’ouvrier « en régime de paresse » (p. 60) – médiocrité grégaire parmi d’autres.

Aussi, contemporain de Jules Verne, Lafargue pêche par apologie mécaniste – « la machine est le rédempteur de l’humanité (p. 70) ». Et malgré un détour salvateur par l’antiquité, citant Platon, Xénophon ou Ciréron – « quiconque donne son travail pour de l’argent se vend lui-même et se met au rang des esclaves » (p. 68) – il se livre en guise de conclusion à une diatribe vulgaire, suintante de ressentiment, envers puissants et possédants, propre aux « rats socialistes » de son espèce, clamerait Nietzsche…

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2 réflexions sur “« Le droit à la paresse » de Paul Lafargue

  1. C’est en effet un très bon livre. Je me rappelle d’un promoteur qui avait piqué une crise en me demandant comment il justifierait l’achat, sur mon budget de recherche, d’un livre avec un tel titre…
    Comme quoi, l’invocation de la paresse reste un tabou suprême aujourd’hui.

  2. Sans oublier tout ceux qui pretendent travailler en forcant les autres a croire au travail comme morale supreme.
    Cet engument, meme cette addiction pour ce concepte salvateur d enfant sage applique, demontre bien une immaturite face aux resulats desastreux sur l humain, la societe et l ecologie, cree par cette obscession neurotique.
    Soyons responsables, arretons de faire n importe quoi pour bien se faire voir.

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