« Le crépuscule des pensées » de Emil-Michel Cioran

Traduit du roumain et par conséquent publié avant le tournant linguistique de 1949 ( la conversion francophile de l’auteur), cet ouvrage, malgré un cheminement évident vers une perspective davantage kunique, transpire le mysticisme bancal – un nihilisme déiste aux relents slave – pathos peu à peu délaissé par la suite. Cette fixation théologique, tout au long de l’œuvre s’avère néanmoins pesante.

Nichés dans cette lourdeur apocalyptique, des thèmes récurrents chez Cioran tels l’ennui, la mélancolie, la solitude, la femme, la musique, la mort.

Quelques perles toutefois:

« Entre les Français et Dieu, il y a toujours eu le salon. » p. 21

« S’il n’y avait une volupté secrète dans le malheur, on conduirait les femmes accoucher à l’abattoir. » p. 38

« Dans un monde sans mélancolie, les rossignols devraient cracher, et le lys – ouvrir un bordel. » p. 60

« L’amour montre jusqu’où nous pouvons être malades dans les limites de la santé: l’état amoureux n’est pas une intoxication organique, mais métaphysique. » p. 86

« La solitude est l’aphrodisiaque de l’esprit, comme la conversation celui de l’intelligence. » p. 175

Comme toujours, à ne pas mettre entre toutes les mains…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s